L’équilibre économique et géostratégique mondial est déstabilisé, depuis la réélection de Donald Trump en 2025, par une véritable guerre économique et la recrudescence de conflits armés de plus en plus violents en Ukraine, au Proche Orient, en Amérique du Sud voire dans toute la zone Pacifique demain, dont nul ne peut prédire que la Polynésie serait tenue durablement à l’écart de ses répercussions.
Alors que notre Pays tire avantage de sa position géographique et de sa stabilité politique, depuis deux ans, pour développer ses principales ressources liées à l’expansion de son tourisme, notre société reste marquée par de profondes inégalités que notre système de protection sociale peine à compenser malgré les réformes entreprises.
Faute de pouvoir s’attaquer aux causes des changements systémiques à l’international, il faut redoubler d’effort pour contrer ses effets au plan local, en implantant une nouvelle forme d’action sociale visant à développer les initiatives liées à l’économie sociale et solidaire.
L’action sociale territoriale et l’action sociale communale doivent s’associer, pour offrir à ceux qui s’y consacre ou ceux qui s’y engage, une alternative à une action sociale institutionnelle qui tend de plus en plus vers des guichets de distributions des aides sociales qui tentent de réduire les blessures des inégalités au lieu des les combattre.
Pour ce faire, il faut former des entrepreneurs et des ingénieurs du développement culturel, économique et social, chargés d’aider à la création d’entreprises et de coopératives pour exploiter les richesses locales et en faire bénéficier directement la population des bassins de vie sur tous les archipels.
C’était tout le sens du livre vert 2022 de l’action sociale, qui dénonçait un manque d’innovation des pratiques en travail social, lesquelles ne sont pas innovées par les acteurs de terrain mais par des décisions étatiques.
livre-vert-du-travail-social-09032022.pdf
Rejoignant le projet porté par Croix-Rouge Compétence Polynésie depuis 2021, de formation d’agents de développement social local en faveur des communes, le livre vert reprenait une formulation et une opérationnalisation de la démarche :
“Le développement social est une stratégie territoriale qui consiste à agir sur l’environnement économique et social des personnes, dans le cadre d’une conception globale, qui implique d’ajouter aux dimensions de protection et de promotion, la dimension du pouvoir d’agir individuel et collectif, afin que l’action sociale soit plus préventive, participative et inclusive. (…) Le développement social est une affaire collective et n’appartient donc pas au seul travail social, même si les travailleurs sociaux peuvent y apporter une contribution décisive.” (p.43)
C’est pourquoi le travail social doit nouer des partenariats avec les autres acteurs institutionnels de l’action sociale, dès la formation des futurs professionnels.
A titre d’exemple, les directions; des affaires sociales, du travail, de la santé, de l’éducation, de la jeunesse & sports et des ressources humaines; sont directement concernées par cette collaboration.
Dans l’objectif de former au développement social local, d’autres partenariats doivent notamment se nouer avec :
— le Centre de gestion et de formation au service des collectivités communales de PF (CGF),
— Le fonds paritaire de gestion
— la Chambre de commerce des services et des métiers et son département formation (CCISM),
— les associations des secteurs de l’entreprenariat ADIE, PRISM, de l’économie solidaire (FACE)
Ce partenariat public-privé cofinancé par l’État et le Pays, doit saisir l’opportunité que représente l’appel à projet territorial dans le cadre des Aides à l’innovation “Bottom-up” du volet formation professionnelle, portée localement par la Caisse des Dépôts et l’Agence de Développement Économique de la Polynésie française, pour former des entrepreneurs et des acteurs du développement social local.
En effet le programme Ingénierie de Formation professionnelle (IFP) incite à former des consortiums associant organismes de formation et entreprises ou filières. Les organisations professionnelles, le Fonds Paritaire de Gestion et les collectivités territoriales peuvent également participer en Co-financeurs des projets pour :
— “La création de nouvelles offres de formation ou d’accompagnement, mais aussi les évolutions significatives apportées à des offres de formation existantes”
-“L’élaboration d’outils innovants dans la délivrance de formation et dans l’accompagnement des entreprises, tout particulièrement des plus petites d’entre elles”.
Polynésie française | Appel à projets France 2030 régionalisé — Projets de formation professionnelle